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Bienvenue dans la toute première vraie review d’album de ce blog !

Vous le savez peut-être, Vald nous a sorti un nouvel album ce 2 février appelé XEU. Et si vous connaissez ce blog, vous devez aussi savoir que j’adooooooooore Vald. Alors c’est parti pour cette review.

Petite précision : je ne m’aventure pas dans tout ce qui est la communication faite pour l’album, ni le design de la pochette. Je parle exclusivement du contenu de l’album. Sur ce…


À la première écoute, même si Primitif avait bien lancé l’album, j’avoue que j’avais du mal à accrocher par la suite. Les morceaux me paraissaient trop énervés, trop bruts, trop trap au final. Et franchement la trap c’est pas ce que je préfère. Alors la succession de Seum, puis DQTP… J’aime mieux Possédé mais ça redescend avec Chépakichui puis Jentertain. En fait je n’apprécie mon écoute qu’à partir de Désaccordé, que j’avais forcément déjà entendu mais c’était trop tard : j’avais besoin d’une pause. Un assez mauvais départ donc.

Heureusement, j’avais 30 minutes de marche devant moi en fin de journée alors j’ai continué sur ma lancée et j’ai pu découvrir des morceaux qui m’ont beaucoup plus plu comme Offshore ou Rocking Chair. Cependant, mon temps est écoulé avant d’être arrivée à la fin de l’album.

Pas grave, demain est un autre jour où je reprends mon écoute depuis le début.

Cette fois, on ne se laisse pas impressionner par la trap et les chansons toutes vénèrs du début de l’album. Je les écoute calmement, poliment presque, malgré mon envie de les passer. Mais mis à part les quelques morceaux cités plus haut que j’ai fini par totalement délaissé, le reste de l’album m’accroche, je détecte le message global, j’y adhère et me voilà rassurée : j’aime XEU. Peut-être pas dans sa globalité, mais je l’aime. Et c’est parti pour le décortiquer !

Comme à son habitude, Vald nous offre toute une palette d’univers. On vogue entre de la grosse trap dégueu(oups), des riffs au piano, des harmonies frôlant l’orchestral et on a même droit à une ballade à la guitare ! Je vais arrêter d’enfoncer le clou, les morceaux trap, très peu pour moi. Par contre il y a vraiment des perles dans le reste (ou des grosses blagues, ça reste Vald, il a beau devenir plus sérieux, il a encore le droit de se faire plaisir), comme la fameuse ballade à la guitare sur Ne me déteste pas, que beaucoup peuvent trouver ridicule mais qui personnellement m’a permis de respirer un peu. Etant donné que je viens plutôt d’un milieu rock et que c’est le genre que j’écoute le plus (même si ça ne se voit peut-être pas à travers le blog haha, mais ça viendra), une petite gratte sèche qui joue une mélodie toute simple, ça fait plaisir.

Bien sûr, les autres morceaux ne sont pas en reste : on a toujours droit à notre lot d’instru qui partent un peu dans tous les sens, avec des gros kicks et une patate d’enfer. En festival, ça devrait bien nous donner envie de bouger.

Et puis le magnifique Deviens génial et son instru de chanson d’été qui passe en boite. Je trouve l’idée énorme : ça risque de plaire à une grosse masse de brebis et ceux qui n’apprécient pas pourront toujours se dire que c’est pour rire et se moquer des gars qui adorent ce genre d’ambiance.

Je ne m’attarde pas plus sur les instrumentals, j’avoue que ce n’est pas vraiment mon domaine (vous êtes prévenus pour les prochaines fois comme ça). En un mot, MIS À PART LES MORCEAUX DE TRAP, XEU est un album assez varié, comme les projets précédents de Vald.

Si vous me demandiez de décrire le message de l’album, je vous dirais que c’est « on est triste mais restons positifs ». On a quelques morceaux qui sont plus du côté “tout noir”, comme Réflexions basses qui nous montre un Vald bien imbibé qui est violent, désagréable, sentiment retranscris dans Possédé également. Il y en a quelques autres qui nous montrent un côté plutôt déconne comme Dragon, un genre de suite de son vieux titre Poisson. Et après on a tout le reste : dans Offshore, Suikon Blaze AD nous chante dans le refrain « Regarde comment le monde est beau petit, regarde comment le monde est glauque », dans Deviens génial on a droit à un seul conseil de la part de Vald pour faire face à la vie et à la pression sociale, c’est-à-dire le titre du morceau ou encore dans Rocking chair on a droit à un entêtant « J’ai jamais vu la vie aussi belle » alors que deux lignes plus haut il disait avoir un statut d’esclave.

Le verre n’est pas rempli à ras bord, mais il n’est pas vide non plus, alors autant le voir au moins à moitié plein. Pour moi c’est ça ce que véhicule XEU et je pense sincèrement que c’est un message intéressant, si pas au minimum réaliste.

Pour les curieux, les voici, les voilà, mes petits chouchous de l’album :

  • Désaccordé : c’est pas le single pour rien hein. Pourtant la première fois que je l’ai écouté lui, j’ai eu vraiment très peur. À cause des “Ah ouais ouais ouais”. Un rien peut effrayer n’est-ce pas. Et pourtant, le texte m’a séduite, je l’ai écouté non-stop plusieurs jours d’affilé. À voir si son succès perdure, reste que c’était une bonne entrée en matière.
  • Offshore (ft Suikon Blaze AD) : je trouve que cette chanson a vraiment un univers musical à part entière. Je suis absolument accro du refrain, les couplets de Suikon Blaze AD sont très cools et le texte, mes amis, le texte, encore et toujours. Ça donnerait presque envie d’un projet Casseurs Flowters version Vald et Suikon.

  • Rocking Chair : là, c’est vraiment la façon de rapper qui m’a convaincue. Je trouve que la manière dont Vald pose sa voix sur ce morceau est très belle, très différente par rapport à ses habitudes. Puis il y a une ou deux punchlines qui restent fort en tête.
  • Deviens génial : je me répète sans doute, mais je trouve que c’était la meilleure conclusion qu’on pouvait faire à cet album. Alors oui, c’est pas super positif, mais c’est la fucking vie, et pour moi c’est un texte réaliste qui nous dit bien que la seule chose à faire c’est de s’améliorer et d’être la meilleure version possible de soi-même. Et ma foi, ce genre de conseil, je prends. Donnez-m’en plus. Please.

En bref, même si j’ai eu très peur de ne pas aimer XEU en début d’écoute, j’ai fini par l’aimer et à m’y retrouver. Je pense personnellement que toute la force et l’intérêt du rap se trouve dans ses messages et sa façon de les amener et pour cet album, les attentes sont rencontrées. Évidemment, toujours ce problème avec la trap et ce qui me paraît être une violence plus bagarreuse que dénonciatrice. Mais dans l’ensemble, je ne cracherai jamais sur cet album et sur ce qu’a pu nous produire Vald.

Source photos : page Facebook officielle de Vald

Article écrit par Emo aka Lena